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LES ALIMENTS TRANSGÉNIQUES


Les aliments transgéniques

Les aliments transgéniques sont des aliments dont les caractéristiques génétiques héréditaires ont été modifiées par l'addition d'un nouveau matériel génétique. Celui-ci permet à l'aliment d'avoir les caractéristiques désirées, comme par exemple une réduction du procédé de ramollissement, une amélioration ou un changement de couleur et de goût, une plus grande résistance aux maladies végétales et autres caractéristiques spécifiques. Par exemple, il existe maintenant des poivrons verts transgéniques de couleur mauve, jaune ou blanc, les tomates Flavrsavr, etc. On modifia la couleur des poivrons verts en y insérant le code génétique de la couleur des tulipes. Les tomates Flavrsavr furent modifiées par l'insertion en sens inverse de leur propre code génétique responsable de la production d'un enzyme qui amollit, réduisant ainsi le procédé de ramollissement des tomates, leur permettant de mûrir sur la vigne sans devenir trop molles pour pouvoir être transportées.

Raisons justifiant cette manipulation génétique

Au cours de l'histoire, les populations ont essayé d'accroître la production et la qualité des aliments. On a réussi à améliorer la production, l'apport nutritif et la texture des aliments après avoir utilisé des techniques de reproduction longues et laborieuses. La production mondiale alimentaire doit faire face maintenant à une plus grande demande, due à une population en constante croissance, et à une réduction de la disponibilité de terre à cultiver et d'eau d'irrigation ; l'augmentation des prix des engrais cause aussi une pression sur la production des aliments. Beaucoup de groupes sensibilisés à la présence grandissante de nitrates et de nitrites dans l'eau potable dont se servent les populations, demandent à ce qu'on limite l'usage du nitrogène dans les engrais chimiques. Les aliments transgéniques peuvent résoudre le dilemme des vivres que nous affrontons aujourd'hui et affronterons dans l'avenir, en produisant des plantes qui peuvent pousser dans un milieu inhospitalier, produire leur propre système de racines capables de fixer le nitrogène et atteindre une qualité maximale plus stable une fois récoltées.

Méthodes de manipulation génétique

Contrairement aux techniques de croisement de Gregor Mendel utilisées dans l'élevage, qui impliquent des mouvements de gènes, de plus récentes méthodes permettent d'identifier, d'isoler et de transférer des gènes simples. Il est actuellement possible, à l'aide de certaines techniques, d'insérer les gènes désirés dans des plantes.

Lorsque nous considérons les altérations génétiques opérées dans les plantes, nous nous rappelons que de nombreux fruits, légumes et denrées ont été depuis longtemps produits en utilisant des aliments parents ayant un bagage génétique différent, dans le but de les modifier génétiquement. Mais il faut plusieurs générations, pour ces méthodes traditionnelles de reproduction, avant de pouvoir voir des résultats. De plus, les mauvais résultats peuvent être au moins aussi fréquents que les bons. Nous avons réussi à reproduire des denrées comme du maïs, du blé et des tomates hybrides de cette manière. Les tangelos, par exemple, sont produits à partir d'agrumes aussi différents que les mandarines et les pamplemousses.

La biochimie naquit lorsque l'on a pu identifier le matériel génétique se trouvant dans le nucléus des plantes et des animaux. Si une caractéristique que l'on désire voir dans une plante, peut être associée à une partie du bagage génétique, un gène spécifique de la fibre d'acide désoxyribonucléique (DNA) peut être isolé. Puis la reproduction ou le clonage de ces gènes et leur insertion dans la cellule pour qu'ils soient combinés au DNA existant, permettront à cette cellule d'avoir les caractéristiques héréditaires spécifiques que l'on désire.

Ces techniques ont permis de faire le pas génétique voulu sans avoir à passer par ce long et fastidieux procédé de reproduction par croisement qui transfert souvent des traits que l'on ne veut pas avec ceux que l'on désire.

La sécurité des denrées génétiquement manipulées

Des examens poussés ont été menés sur la sécurité des aliments génétiquement modifiés. La première technique est de comparer le matériel enzymatique et d'autres protéines du produit modifié avec celui qui ne l'a pas été. En général, il n'y a que peu ou aucune addition aux éléments du nouveau produit ; au contraire, on constate qu'il y a une ou plusieurs enzymes en moins. L'examen des changements intervenant au niveau des propriétés nutritives, microbiennes et toxicologiques du produit, peut être fastidieux. Cependant, les examens et les analyses biochimiques deviennent moins difficiles quand un ou deux gènes seulement sont insérés dans le produit. Par exemple, dans le cas de la tomate Flavrsavr, un gène arrêtant un certain procédé est inséré et agit comme si le gène spécifique manquait.

Considérations éthiques

Les considérations éthiques sont de nature philosophique comme on s'attend à ce qu'elles le soient quand il s'agit d'éthique, et se réfèrent aux types de gènes ajoutés. Le gène résistant aux herbicides dans le cas de la tomate Flavrsavr, par exemple, venait d'une pression spécifique d'un bacille (coli) E. non-pathogénique. Certains peuvent faire des objections à cette <animalisation> de la végétation. Cependant, en observant de plus près la question, c'est exactement ce qui se passe naturellement dans la nature lorsque les plantes sont infectées par des bactéries ou des virus. Une grande partie du poids net de certaines laitues risque d'augmenter du fait d'avoir été infectées par un virus. Il se peut qu'à la suite d'une infection bactérienne ou virale, il y ait un transfert du bagage génétique.

Préoccupations

Plusieurs groupes expriment leurs préoccupations quant aux risques que représente cette nouvelle technologie :

* Il est possible que de nouvelles toxiques soient ajoutées.
* Les qualités nutritionnelles des aliments génétiquement manipulés, risquent d'être réduites.
* De nouvelles substances peuvent altérer, dans d'importantes proportions, la composition de l'aliment.
* De nouvelles protéines causant des réactions allergiques, risquent de s'ajouter à la production des aliments.
* Des aliments génétiquement manipulés risquent de causer des effets inattendus.
* La reproduction d'aliments génétiquement manipulés risque de porter préjudice à la nature environnante et transformer l'habitat.
* Un matériel génétique et des éléments génétiques dont les caractéristiques n'ont pas été identifiées, risquent d'être ajoutés aux plantes comestibles.

Ce sont des préoccupations compréhensibles. C'est cependant aux agences gouvernementales de protéger le public en obligeant que des tests semblables à ceux appliqués aux anciennes méthodes de reproduction, soient effectués sur les aliments transgéniques : analyse visuelle, analyse chimique, test du goût et test pratiqué sur les animaux. Pour illustrer à quel point on se préoccupe de ce problème, voici quelques questions qui sont posées aux spécialistes des transferts de gènes :

*Avez-vous suivi des procédures scientifiques acceptées et autorisées lors du développent du produit ?
*Est-ce que la concentration de toxiques ou d'allergènes, intervenant naturellement dans le produit, s'est modifiée ?
*Est-ce que la quantité d'importants nutriments a changé ?
*Est-ce que la digestibilité du produit a été affectée par la moindre altération ?
*Quels sont les effets de la culture et de la production du produit sur l'environnement ?
*Est-ce que le spécialiste a introduit des substances dans le produit, qui ont prouvé, dans le passé, ne pas être sans danger sur l'alimentation ?

Approbation

L'approbation de Federal Food and Drug Administration (FDA) est conditionnelle aux réponses positives de chacune des questions sus-mentionnées. Les réponses favorables à ces questions répondent clairement aux préoccupations des groupes sensibilisés qui se sont posés des questions au sujet des techniques de transferts de gènes.

Du fait que les scientifiques sont, en dernier lieu, tenus responsables de la sécurité des aliments, les employés des agences chargées de la règlementation ont à l'esprit, en premier but, la sécurité et la santé du consommateur. Les scientifiques chargés de la règlementation, connus des gens du métier, trouvent que leur travail est plutôt routinier jusqu'au moment où ils découvrent un produit qui ne suit pas la règlementation. Ils ont alors le sentiment que leur travail laborieux a effectivement évité des dangers et a aidé leurs semblables aussi bien qu'eux-mêmes en tant que consommateurs.

Des individus soucieux mettent en garde contre le dilemme ethnique de la production de masse. Est-ce que des gènes animaux peuvent être insérés dans des plantes ? Ou bien, des gènes de plantes dans des animaux ? Cela pourrait être réalisé sur le plan théorique. Mais quelle en serait la raison ? Le gène doit avoir certaines caractéristiques que le consommateur perçoit comme étant utile. Jusqu'à maintenant, nous ne connaissons pas de fruit ou de légume qui pourrait être amélioré en lui ajoutant un gène animal.

Bienfaits

Certains scientifiques insistent sur le fait que nous ne devrions pas ignorer la capacité qu'a l'altération génétique à sauver et améliorer la vie. Ils font remarquer son potentiel de produire des éléments comme les enzymes stériles de la présure pour fabriquer du fromage, des fruits et des légumes possédant plus de ces antioxydants que l'on associe à une réduction d'incidence des maladies cardiaques et du cancer. Une autre possibilité est la reproduction de plantes qui n'ont pas besoin de nitrogène comme engrais. Les chercheurs ont même la vision d'une production d'organismes qui auraient la capacité de nettoyer l'environnement. La biotechnologie peut produire plus d'aliments nutritifs à des prix réduits. Elle peut permettre une plus grande production résistant mieux aux insectes et utilisant peu ou aucun pesticides ou herbicides.

Jusqu'à maintenant, aucun effet extraordinaire n'a été observé par l'usage de produits approuvés résultant de techniques de transfert de gènes. Du fait que ces techniques ont le potentiel d'accroître la quantité de vivres dans le monde, nous acceptons prudemment les produits provenant de ces techniques. La controverse concernant l'altération des gènes se poursuit. On devra faire appel à la prudence, à la connaissance, aux dialogues et au contrôle, jusqu'à ce qu'un consensus soit atteint.

 
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